« Tout moment est dernier, parce qu’il est unique. » Marguerite Yourcenar

Une page se tourne, un chapitre se termine, nous pouvons peut-être même dire qu’un livre se ferme et notre main reste un instant sur l’arrière de couverture, nos yeux dans le vague, la tête encore emplie de cette histoire.

Une annexe a bien failli être ajoutée, entre visionnage de films sur l’ordinateur, balade dans les cinq étages de l’aéroport Suvarnabhumi et découverte du food court au premier niveau où nous prendrons notre dernier repas thaï, bien moins cher que les restaurants aux étages, les heures d’attente ont fini par s’égrainer. Trois bonnes heures avant son décollage, notre avion Emirates pour Dubaï s’affiche sur les grands panneaux de départ et nous prenons le chemin du dernier étage et son hall empli de bureaux d’enregistrement. Lorsque c’est notre tour nous avons comme une impression de déjà vu alors que l’hôtesse tape frénétiquement sur son clavier et appelle son responsable.
A l’heure où le passeport est censé suffire pour embarquer je me dis que j’aurai mieux fait d’imprimer échanges de courriels, tickets bancaires, courriel de validation, voire d’enregistrer notre conversation téléphonique avec Qantas lorsque nous avons modifié notre date retour en mars 2015. Car il semble que notre numéro de réservation et nos noms ne suffisent pas…

« Nous avons vos noms mais ne pouvons pas ouvrir vos billets. Je ne peux pas vous faire embarquer. » Rien que ça ! « Il faut que vous appeliez Qantas. » Mais encore ? « Il y a un cyber café à l’angle, par contre l’enregistrement ferme dans trois quart d’heure. »

Bah voyons, déjà que les explications dans un anglais largement assaisonné d’accent thaï sont difficiles à comprendre, le voilà qui enfonce le clou. Action, réaction, nous filons chargés de nos bagages, direction le centre d’appel, ma carte bleue ne fonctionne pas – merci la banque, heureusement Ronald a sa carte australienne et peut acheter une carte d’appel international à cent bahts pour quarante-cinq minutes. De l’autre côté du combiné, l’interlocuteur Qantas très décontracté ne semble pas comprendre notre situation ni même l’urgence de celle-ci puisqu’il nous met en attente à deux reprises alors que nous regardons, impuissants, les minutes défiler. Avec un aller-retour au comptoir d’enregistrement, la lumière se fait finalement sur le problème : les numéros de billets ne sont pas les bons, l’employé Qantas qui a fait nos changements de dates n’a peut-être pas fait son travail jusqu’au bout.

Bagages enregistrés, c’est presque au pas de course que nous passons douane et contrôle pour nous assoir avec soulagement dans la salle d’embarquement. Quoi que l’on se voyait déjà au Novotel juste à côté de l’aéroport, à 8000 bahts la nuit (~200€), profitant de quelques jours de vacances supplémentaires au frais de Qantas bien évidemment. 😈

Une heure cinquante cinq, nous décollons pour presque sept heures de vol fuyant la nuit vers un atterrissage aux aurores à l’aéroport de Dubaï. Repas, petit-déjeuner et films, nous avons ensuite deux heures d’escale, le temps d’une bière et d’un café avant de se préparer pour un nouvel embarquement qui aura lieu directement sur le bitume après de longues minutes de bus – étonnant pour un aéroport aux allures si modernes. Ce boeing 777, toujours d’Emirates, semble plus large à l’intérieur que son prédécesseur, les écrans plus grands et les hôtesses beaucoup plus souriantes ! La lumière matinale nous permet de pouvoir bien observer la ville au décollage et après un troisième petit-déjeuner suivi d’une sieste, nous profitons de la plus belle vue que nous ayons jamais eu en avion : le ciel est dégagé et nous survolons les montagnes d’Iran puis de Turquie.

22 novembre | 10h14

Au-dessus de l'Iran

22 novembre | 10h29

En approche de la Turquie

Atterrissage vers 12h20 à l’aéroport de Nice, les contrôles douaniers sont rapides et de l’autre côté de la porte, pour notre plus grand plaisir, nous attendent mon père, le frère de Ronald et sa fille. Car si nous sommes très contents de revoir famille et amis, nous ne le sommes pas spécialement d’être rentrés… et pensons déjà à de futures destinations !

D’être rentrés, d’être rentrés … C’est où rentrer ? Où est chez soi ? Ne serait-ce pas là où l’on se trouve, là où l’on vit un dernier moment ? Des souvenirs qui se transforment en moments, nombreux, qui ajoutés les uns aux autres font une foultitude de… Passé !

L’heure est à l’Avventura, c’est à dire réparer la maison et son différentiel arrière, faire la fête pendant les fêtes et préparer un nouvel itinéraire de voyage, de vie et d’amour pour la (e)motion of life !

C’était un commentaire en direct live ! Sur le vif ! Suivez la vraie actualité : Carnets2Routards  😉

… Lol.

Commentaires (2)

  1. Uncle Marc
    Ces petits désagréments de voyage peuvent être (très) stressants à chaud, amusants avec un peu de recul et pimenteront vos récits dans quelques années. Toujours interessant aussi de se dire que votre décontraction et réactivité vous à permis de prendre votre vol (d’autres seraient peut être encore la bas)

    Un peu triste de ne plus lire vos aventures australes, mais tellement content de bientôt vous serrez dans mes bras. Et comme je sais que bientôt d’autres récits, dans d’autres lieux, avec d’autres anecdotes et péripéties nous liront, je m’en réjoui d’avance.

    Merci pour cette année de voyage, partagée. Un réel plaisir pour moi de vous avoir suivi.
    Pense à la création d’un livre !! 😉

    Still take care 🙂

    Uncle (one leg) Marc

  2. Claire (Auteur de l'article)
    Nous avons réagi mais je dois avouer que la tension est montée sur les dernières minutes ! Il n’y en aurait peut-être pas eu du tout si cela avait un autre vol… et pas lorsque tu t’apprêtes à rentrer après un an d’absence (et après douze heures d’attente dans un aéroport). 🙂

    Promis nous allons très vite te trouver de nouvelles aventures ! Cela nous fait autant plaisir de vous les faire partager (en attendant l’édition de ton futur livre de chevet 😀 ).

    Soigne ta jambe folle !

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