Philippe

Après une froide nuit sur l’aire de Desert Oak, nous voilà de retour à Alice Springs pour quelques heures. Nous avions déjà prévu de dormir à trente kilomètres de la ville sur le Tropique du Capricorne et la vitre arrière de TS nous le confirme puisqu’elle se met en grève de nouveau ! Ironiquement le carton que trouve Ronald pour remplacer la vitre le temps de rouler jusqu’à l’aire, affiche en grandes lettres noires « Handle with care, contain glass » – Manipuler avec précaution, contient du verre. 😕

9 juillet | 10h21

Lune et Tropique du Capricorne

9 juillet | 10h22

Tropique du Capricorne

Le matin du jeudi 9 juillet après que Ronald ait nettoyé et graissé toutes les parties mécaniques du système du coffre, la vitre remonte sans que nous soyons sûrs d’avoir vraiment trouvé le problème ! Nous reprenons notre route vers le Nord, traversant la terre de la communauté Anmatjere et la petite station d’Aileron où trônent les sculptures géantes d’une famille Anmatjere : l’homme mesure dix sept mètres et pèse huit tonnes, observant la région du haut de sa colline depuis 2005, la femme et l’enfant ayant été rajouté en 2008, toujours par le même artiste Mark Egan.

9 juillet | 12h13

L'homme Anmatjere

9 juillet | 12h16

La femme et l'enfant Anmatjere

Puis Barrow Creek et son ancienne station de télégraphe, dont la construction de la ligne trans-australienne achevée en 1872 a permis à l’Australie de dialoguer plus rapidement avec le reste du monde, particulièrement l’Angleterre. Le paysage ne change guère si ce n’est que les carcasses de kangourous ont été plus ou moins remplacées par celles de voitures accidentées – les remorquer coûte sûrement plus cher que d’en acheter une autre ! – et parfois même des quelques vaches s’étant probablement aventurées trop près de la route – toutes les fermes ne sont pas clôturées, les propriétés couvrant quelquefois plusieurs milliers de kilomètres.

Après avoir aperçu un extraterrestre dans la ville de Wycliffe Well – l’auto-proclamée capitale australienne des OVNI – nous nous arrêtons dans la petite réserve des étranges Devils Marbles, sur le site sacré des Karlu Karlu où les hommes des tribus Warlpiri, Warumungu, Kaytetye et Alyawarra orchestraient des cérémonies. Ces billes du diable ou rochers ronds sont les vestiges d’une masse de granit que le passage du temps érode lentement.

9 juillet | 15h11

Karlu Karlu - Devil's Marbles

9 juillet | 15h17

Une bille du diable

Plus d’une centaine de kilomètres après nous entrons dans la plus grande ville de la région de Barkly : Tennant Creek – 3000 habitants 😉 – établie en 1934 lors d’une tardive ruée vers l’or. Nous avons juste le temps de nous connecter à Internet avant que le centre d’informations ne ferme ses portes, pour apprendre qu’un ami a succombé aux complications d’un AVC. Gentil, avenant, serviable, souriant, sont les premiers adjectifs qui me viennent lorsque je pense à Philippe. Maintenant nous sommes, demain peut-être plus, insignifiant et unique à la fois. Aujourd’hui encore nos pensées vont à son fils, sa compagne et à tous ceux qui l’ont connu.
C’est sur le site de Kunjarra que nous boirons une bière à son souvenir et que nous passerons la nuit.

Les Pebbles est un site légèrement semblable aux Devils Marbles, mais si ce dernier était un lieu pour les hommes Aborigènes et leurs cérémonies, Kunjarra leur est généralement interdit et seules les femmes Aborigènes peuvent s’y rendre.

10 juillet | 9h28

Kunjarra (The Pebbles)

10 juillet | 9h32

The Pebbles (Kunjarra)

Vendredi matin nous refaisons quelques kilomètres en arrière pour bifurquer vers le lac Mary Ann où nous profitons des douches gratuites avant de parcourir une soixantaine de kilomètres et s’installer sur l’aire d’Attack Creek pour une après-midi de repos après les plus de cinq cent kilomètres de route d’hier.

10 juillet | 11h52

Ancienne station de télégraphe de Tennant Creek

10 juillet | 11h05

Lac Mary Ann

Plus nous approchons de la région du Top End plus le mercure monte dans le thermomètre et conduire l’après-midi devient une moite expérience. Samedi 11 juillet nous nous arrêtons au milieu de nulle part sur ce qui était peut-être l’ancienne Stuart Highway, nous réfugiant dans la frêle ombre des eucalyptus. La nuit nous apporte la fraîcheur mais également le retour des moustiques si nombreux dans le nord tropical. Le lendemain nous prenons la route un peu plus tôt pour pouvoir profiter du frais relatif des premières heures de la matinée. Nous passons au large de Daly Waters, connue pour son pub établi en 1930 aux murs couverts de mots des gens de passage, mais il est un peu tôt pour s’arrêter boire une bière. Le pub de la Larrimah un peu plus loin connaît le même sort et nous nous contentons de jeter un œil sur sa Panthère Rose géante à côté d’une bière bouteille de plus de quatre mètres de haut.

A Matarranka nous visitons brièvement sa source d’eau chaude car si l’eau est bonne et sa couleur très jolie, le petit cours d’eau est aussi rempli qu’une piscine municipale en été ! Ce sera pareil à Bitter Springs où nous parcourons la petite marche qui en fait le tour, observant depuis les plateformes au-dessus de l’eau cet étrange espèce en train de buller : l’Homme. 😉

12 juillet | 13h10

Source d'eau chaude de Bitter Springs

13 juillet | 10h42

Pine Creek

Nous nous arrêtons brièvement dans la ville de Katherine pour quelques courses et constatons que ce doit être la ville du Territoire du Nord avec le plus de soucis d’alcoolisme chez les Aborigènes car un couple de policiers est présent à chaque bottle shop – en Australie l’alcool se vend dans des magasins spécialisés, vous n’en trouvez pas dans les grands supermarchés. Ils demandent une pièce d’identité et où est-ce que nous prévoyons de consommer l’alcool acheté, question à laquelle Ronald répond : « Dans ma voiture. »… et après une pause ajoute « Quand nous nous arrêtons sur une aire de repos le soir ! » Oui parce que dire à un policier que tu prévois de boire au volant ça fait désordre ! 😀

Nous remettons la visite de la région à plus tard puisque nous sommes obligés de repasser par là pour prendre la direction de l’Australie Occidentale et faisons quelques kilomètres pour trouver une place dans le bush où passer la nuit… et boire les bières ! 😉

Lundi 13 juillet la vitre fait de nouveau des siennes le matin puis plus tard dans la ville de Pine Creek où nous faisons le plein d’eau après avoir jeté un œil sur l’ancienne mine d’or transformée en lac en 1993 – il leur a fallu 6800 mégalitres d’eau et quatorze mois pour remplir la fosse. Sur la route le paysage est toujours identique si ce n’est l’apparition ça et là de petits palmiers qui nous indique que nous sommes de retour dans les tropiques. Dans la tranquille ville de Batchelor nous utilisons le Wi-Fi – payant, 1$ les quinze minutes – de la bibliothèque pour chercher un hôte HelpX dans les parages. Nous tombons sur le profil d’un couple tenant un café dans le parc national de Litchfield juste à côté et décidons de nous y rendre directement. Les propriétaires sont absents et ne seront de retour que demain matin, qu’à cela ne tienne nous avions prévu de passer la nuit dans le parc. L’aire des Wangi Falls est déjà remplie et nous passerons la nuit au camping privé juste à côté – 25$ au lieu des 6$ demandés sur les aires du parc.

Eh oui, de la tristesse à nouveau. J’ai perdu un ami à la bonne saveur de rock & roll.

Grand amateur de Perkins, Santana, Jim Croce, les Stones, les Doors et j’en passe des tonnes, il était aussi percussionniste endiablé dans le groupe reggae The Chillers : Philou, un grand merci pour ce que tu m’as appris.

Ces pensées, volées à la route qui, encore une fois se diversifie au kilomètre, m’accompagnent au long de notre périple. J’aurais aimé te revoir l’Ami, je t’embrasse !

Le fait de dire – Je vais les boire [les bières] dans la voiture, me semblait une bonne idée et logique sur le moment, vu que je les bois toujours dans (ou autour de) la voiture … Question d’habitude 🙂

Commentaires (4)

  1. Uncle Marc
    Merci pour le partage et la carte postale.

    Toujours suivi du tracé sur la carte pour vous suivre pas à pas. Il faudra à la fin, faire le tracé total pour encore plus apprécier le périple. En haleine de savoir ce que va devenir la vitre arrière de la voiture 😉 (au fait pourquoi devez vous l’ouvrir ?).

    Take care

    R.I.P Philippe !

  2. Martine
    C’est toujours un régal de suivre vos péripéties ;D Merci pour la carte surprise! <3
  3. Claire (Auteur de l'article)
    De rien ! Je ferai probablement une carte Gogole pour également savoir le nombre de kilomètres parcourus. 😉 Nous ne pouvons pas ouvrir le coffre sans ouvrir sa vitre ! 🙂
  4. Claire (Auteur de l'article)
    De rien, c’était envoyé avec plaisir ! 🙂

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