« La vie appartient à ceux qui ne reculent pas. » Frédéric Dard

Malgré la petitesse de la chambre nous avons bien dormi et quittons l’auberge à onze heures pour réaliser le chemin inverse en direction de l’aéroport Shangi. Nous avons quelques heures devant nous et découvrons des nouveaux recoins, à l’étage un food court où nous viendrons sûrement manger si nous repassons en escale, un peu plus bas une petite boutique où je refais mon plein de baume du tigre. Vient le moment d’embarquer, nous attendons assis discutant avec un couple d’australiens, devant un nombre impressionnant de personnes en train de faire la queue.

Nous volons avec la nuit pour atterrir un peu après minuit à Brisbane, les douanes et la quarantaine sont franchis aisément, c’est la fin du service pour les employés de l’aéroport, deviendraient-ils plus laxistes ? En 2014, le pot de deux cent grammes de tabac n’avait pas passé la douane, cette fois-ci nous avons chacun deux paquets de cinquante grammes que le douanier demande à voir. Je lui en montre un et après nous avoir demandé de confirmer que nous n’en avions pas plus, il nous laisse passer. Faites le calcul… 😮

Nous élisons domicile sur les bancs d’un café de l’aéroport presque vide et parvenons à dormir quelques heures en attendant le premier train aérien de six heures trente. C’est la façon la moins chère de rejoindre la ville et à l’ouverture du guichet nous déboursons trente trois dollars chacun – 21€ – pour nous rendre jusqu’à Roma Street où se trouve une gare routière d’où part notre bus Premier Motor Service en fin de matinée. En attendant le départ, nous discutons avec un Canadien qui fait un bout de route avec nous et descend à Gold Coast alors que nous poursuivons jusqu’à Brunswick Heads où nous arrivons après midi. Notre hôte HelpX, Natalie, a prévu de venir nous récupérer vers quatorze heures et nous patientons tranquillement devant l’office du tourisme de la petite ville.

Nous voilà dans notre première maison australienne, un studio de grande taille avec pour voisins directs des chevaux, l’endroit semble sympathique. Après une douche et une sieste, je me retrouve seule, Monsieur étant parti retrouver son rejeton qu’il n’a pas vu depuis un an ! 😀 Je discute un peu avec Natalie et rétrospectivement, je me rends compte que j’ai dès le début… senti la fin. Je reste une heure debout sans que jamais elle ne me propose de m’assoir ou de partager une bière qu’elle sirote devant moi.
Dés le lendemain, les remarques sèches vont commencer à tomber régulièrement, nous mettons la climatisation trop tôt… Malgré la vague de chaleur que subit la région depuis quelques jours ; nous commençons à travailler trop tard, nous n’aurions pas du faire ceci ou cela… Malgré nos tentatives de socialisation, la communication ne passe décidément pas. Elle ne nous adresse la parole que pour nous dire quoi faire pendant qu’elle se prélasse sur sa terrasse… Ce n’est vraiment pas ce dont nous avons l’habitude en HelpX où l’idée est d’aider nos hôtes pas d’être des employés ! Nous avons commencé à chercher une voiture dès notre arrivée mais dès le deuxième jour nous cherchons également un autre hôte.

20 février 2018 | 11h24

Lézard australien

Les quatre jours suivants, nous exécutons ce qu’il nous est demandé mais la sensation de n’être pas les bienvenus ne cesse d’augmenter nous mettant vraiment très mal à l’aise. Le matin du sixième jour – nous n’attendrons pas le septième pour nous reposer :mrgreen: – nous décidons d’aller calmement expliquer que nous pensons que quelque chose ne va pas. La discussion s’envenime et après nous avoir lancé un « Go away », cela se change en vous pouvez rester ici le temps que quelqu’un vienne vous chercher, avant qu’elle même ne parte en voiture. Non merci, l’estomac noué, nous emballons nos affaires, nettoyons le studio et disons au revoir au mari qui n’a jamais eu son mot à dire… Et qui ne lève pas le petit doigt en nous voyant partir chargés à pieds sur la route. Nous sommes à deux kilomètres de la route principale et à une douzaine de kilomètres des plus proches villes : Brunswick Heads ou Byron Bay. Qu’à cela ne tienne, même après quelques pas le pouce levé, nous nous sentons déjà un peu mieux. Une voiture allant dans le sens inverse ralentit, fait demi-tour, nous explique que nous marchons vers la voie rapide où il sera dur de faire du stop, il repart, s’arrête au niveau d’une autre voiture et nous indique du doigt. La seconde voiture s’arrête alors près de nous pour nous dire qu’il se rend à Brunswick Heads… C’est parfait, en voiture ! Réchauffé par cet esprit australien – sans vouloir faire cliché, nos hôtes n’étaient que des australiens d’adoption – nous retrouvons un peu le moral et profitons d’un parc près du fleuve pour manger, nous remettre de nos émotions, observer la faune et décider de la suite.

20 février 2018 | 11h02

Fleuve Brunswick

20 février 2018 | 11h30

Ibis à Brunswick Heads

Nous sommes sans véhicule et sans logement mais libres. Nous avons quelques contacts pour la voiture mais rien ne se fera aujourd’hui. Heureusement que j’ai un accès Internet avec mon forfait téléphone français – j’ai tout compris 😉 – et je relance des hôtes dans la ville voisine de South Golden Beach qui avait dit non puis oui. Ils sont fraîchement inscrits sur le site et lorsque j’explique où nous sommes, notre future hôtesse contacte son compagnon qui travaille à Bruns, il viendra nous récupérer en fin de journée après son travail. Le soir venu, nous nous retrouvons dans une véritable petite famille australienne, chien compris et passons une excellente soirée à discuter.

Nous voilà enfin de retour en Australie et libres du joug de cette sorcière malfaisante, dominatrice et langue de vipère, (je rajouterais volontiers encore quelques adjectifs, mais restons dans une ligne éditoriale correcte).

On est plutôt heureux d’être à la rue pour le coup. Claire nous trouve rapidement de nouveaux hôtes, mais on aurait pu dormir dehors avec le temps qu’il faisait.

Charmant village, Brunswick Heads, situé presque tout en haut du NSW (New South Wales, avec lui l’Australie se compose du WA, TAS, VIC, SA, NT, ACT et QLD *), les gens sont en maillot de bain et se prennent un bain dans la rivière, pas besoin de douche à la maison.

Juste avant que le compagnon de notre future hôtesse nous récupère, je décide d’acheter une petite réserve de bière (c’est moins cher en carton de 24, avec lequel je repars sur l’épaule),  l’employé, sympathique, me dit de bien en profiter « enjoy! ».

Retour au point de rendez-vous, arrive 16 heures le compagnon arrive en Toyota Prado… C’est le gars qui venait de me vendre la binouze !  Si je voulais passer pour un saint (ne souriez pas), ça n’aurait pas marché de toute façon  😉

 

*Western Australia, Tasmanie, Victoria, South Australia, Northern Territories, Australian Capital Territory et le Queensland (nous y reviendrons) …

 

 

 

5 Comments on “« La vie appartient à ceux qui ne reculent pas. » Frédéric Dard”

  1. Hello, Cette Hôte HelpX Natalie serait-elle parente avec Folcoche (Vipère au poing de Bazin) :-s Hihihi, bisous !
  2. Tu auras remarqué mon incroyable rythme de post (une semaine d’écart), si je garde la forme, la suite ne saurait tarder et vous rapprocher de notre présent ! 😉

    Nous avions déjà 150 grammes de plus que ce qui est normalement autorisé, et il y avait peut-être un paquet entamé qui traîné encore quelque part. :mrgreen:

  3. Belle co narration, on imagine aisément l’hôtesse acariâtre !
    Mais c’est du passé, et on voit déjà qu’il y a du positif dans toute choses.

    Le teasing est toujours efficace puisque l’on a hâte de lire la suite.

    Pour le tabac, j’aurai tenté un paquet de 50 gramme de plus 😉

    Take Care

    Marc

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