Comment appelle-t-on une chauve-souris avec une perruque ?

Sept heures du matin, premier jour de février, nous sommes à la terrasse de la DJ Guesthouse et attendons notre pick-up. La navette ne tarde pas et nous emmène à la station des bus Sorya que nous avons réservé hier pour nous rendre dans le nord du Cambodge, dans la ville de Battambang – $9 par personne.

Installés dans le bus – pensez à la petite laine, la ventilation souffle fort et froid – il faut pas loin d’une heure au chauffeur pour nous sortir de la circulation de Phnom Penh. Petit à petit, le paysage se transforme, moins de bâtiment, plus de verdure, la campagne cambodgienne, quoi que encore bien peuplée, fait son apparition. Nous ferons deux pauses pendant les sept heures de trajet – contre cinq annoncées. Pourtant le chauffeur roule sans presque ralentir, klaxonnant son arrivée pour que les scooters, motos, tractant ou non une remorque, se poussent de son chemin.

1 février 2018 | 9h14

Pause sur la route de Battambang

1 février 2018 | 9h17

Lave-auto cambodgien

Un chauffeur de remorque – que tout le monde appelle tuk-tuk, les chauffeurs et nous-même compris mais qui sont en fait des scooters traquant des remorques aménagées, contrairement au tuk-tuk thaïlandais qui sont des sortes de petites camionnettes – bref, un chauffeur de tuk-tuk 😉 nous attend à l’arrivée – il suffit de demander à l’hôtel où vous allez s’ils peuvent arranger un pick-up, c’est généralement gratuit tout en vous encourageant à demander les services de ce chauffeur si vous en avez besoin une fois sur place – pour nous amener à notre nouvelle maison : le Lucky Hostel – $16 pour deux nuits.

Fatigués, oui encore, du voyage et du tôt lever, nous nous reposons tout en vous concoctant le premier article de cette nouvelle expédition. Vers dix-sept heures, nous sortons nous balader dans Battambang – prononcé Bate/Dame/Bong. Pourtant deuxième plus grande ville du Cambodge, elle est bien plus calme que Phnom Penh et nous longeons un moment le fleuve Sangker pour finalement nous arrêter dans un restaurant au bord de l’eau au décor sympathique. Après une bière Cambodia dégustée en terrasse nous décidons de manger sur place, surtout que nous venons de voir qu’ils ont une extension du restaurant à même la rivière où nous mangeons sur des tables basses, assis à même le sol : nouilles et légumes pour l’une, poulet à l’ail frit pour l’autre – $6,5 le tout. Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons pour un semblant de roti au chocolat – meilleur en Thaïlande !et traversons le petit marché de nuit.

2 février 2018 | 13h17

Séchage de piments

2 février 2018 | 13h27

Bouddha à Ek Phnom

Le lendemain, après une nouvelle grasse matinée, nous louons un scooter directement à l’hôtel – $7 – et nous mettons en route vers le Wat Ek Phnom, environ à sept kilomètres au nord de la ville. Construit en 1027 sous le règne du roi Sorayak Varman I, le temple Ek Phnom a été abîmé sous le régime de Pol Pot et la guerre qui a suivi, mais nous donne quand même un avant goût de l’architecture Khmer, un dollar est demandé à l’entrée. Sur le chemin, nous découvrons cette fois-ci la véritable campagne cambodgienne, les piles de foin en train de sécher au soleil, mais aussi les piments, les graines inconnues, les galettes de riz ; nous passons près d’un mariage cambodgien qui bat son plein tout en couleur ; à presque chaque enfant croisé nous avons le droit à de grands sourires et des coucous de la main ponctués de « hello » retentissants, Comme en Malaisie et en Thaïlande, nous apprécions énormément les balades en scooter dans le pays !

2 février 2018 | 13h40

Wat Ek Phnom

2 février 2018 | 13h43

Campagne à Ek Phnom

2 février 2018 | 15h58

Huttes à Phnom Banan

2 février 2018 | 16h13

Temple Banan

Retour vers le sud avec un arrêt à une des terrasses en enfilade où nous mangeons pour cinq dollars un plat de nouilles et légumes chacun – oui ça a l’air répétitif comme ça mais les nouilles ne sont pas toujours les mêmes : fines, épaisses, blanches, jaunes, plates ; ni les légumes 😛 , avant de repartir cette fois-ci vers le sud de la ville, à une vingtaine de kilomètres, pour aller escalader les trois cent cinquante-huit marches de pierre menant à Phnom Banan – $2 à l’entrée cette fois-ci. Légèrement essoufflés au sommet, l’effort vaut la vue sur le paysage alentour et la petite balade au milieu des ruines de 1057 dont les grises pierres semblent s’illuminer sous le soleil couchant. Le temple daterait du règne de Udayadithyavarman, prédécesseur de Suryavarman II, bâtisseur d’Angkor Wat.

2 février 2018 | 16h24

Fin des 358 marches...

2 février 2018 | 16h18

Détail de Banan

Direction le sud-ouest sur une route de terre au milieu des rizières qui débouche non loin d’un temple plus récent : Phnom Sampov. Nous n’irons pas le visiter, ni les Killing Caves qui s’y trouvent – œuvre du même dictateur – mais nous installons en bas de la colline comme beaucoup d’autres touristes. Ici, tous les soirs entre dix-sept heures trente et dix-huit heures, plus d’un million de chauves-souris à lèvres plissées Chaerephon plicatus – quittent leur grotte et s’envolent pour chasser leur repas. Nous attendons patiemment jusqu’à en voir quelques unes faire leur apparition, très rapidement suivi d’un flot impressionnant de petites chauves-souris créant un bandeau noir dans le ciel s’assombrissant. Elles vont parcourir plus de cinquante kilomètres pour trouver des insectes. Et pas n’importe quels insectes, ceux qui détruisent les récoltes de riz, en mangeant de cinquante à cent fois son poids, les treize colonies connues de chauve-souris au Cambodge doivent prévenir la perte de deux mille tonnes de riz chaque année.

2 février 2018 | 18h04

Chaerephon plicatus

2 février 2018 | 18h05

En route pour 50km...

Retour en ville pour notre repas sans insecte sur une autre terrasse : un Path Siv Iv sans viande pour l’une, un bœuf Lok Lak pour l’autre, plats typiques cambodgiens et un jus d’avocat pour faire descendre le tout !

Mini-série – “Dans le bus” :
Voyageant avec seulement deux autres occidentaux, nous avons eu droit à des clips à l’eau-de-rose cambodgiens aux mélodies interminables, enfin à y regarder de plus près, il y avait rejet, chantage, strangulation et meurtre, pas si rose que ça.
Suivi d’une troupe de comiques rendant les autochtones hilares, nous n’avons rien compris ; plus le type au micro pleurait, plus l’assistance riait ?!
Quand l’un d’eux fit un salut asiatique et s’est cogné la tête contre le micro, on a compris, mais là c’était un de ces imprévus qui font même rire les autres comédiens.
Programme suivi d’une petite série produite par Jackie Chanc’était du chinois pour nous 😉

Arrivée à la gare routière de Battambang, une large carrière à l’abandon un peu en dehors de la ville et un tuk-tuk nous attendant avec le prénom Claire sur une feuille. La classe.

Petite note sur l’hostel : il n’y a pas de fenêtre, et surtout, il n’y a pas d’issue de secours ni aucune issue après la fermeture des grilles !!!

11 Comments on “Comment appelle-t-on une chauve-souris avec une perruque ?”

  1. Mince alors, j’ai pourtant changé la façon d’afficher les photos et utilise un pourcentage plutôt que des pixels fixes. Elles devraient donc s’adapter à la taille des écrans🙁

    Je pense à Mimi souvent quand j’écris sur le site, papa lui imprimait les articles et elle aimait beaucoup qu’on lui parle de nos voyages ! Ton fait historique est juste excellent ! ! Dans le prochain article j’ai prévu de donner l’ancien nom de Sihanoukville et d’expliquer que la ville a été nommé en l’honneur deNorodom Sihanouk, ancien roi du Cambodge, s’il vous plait !

    Wiki nous dit : “[…] il effectua sa sixième au lycée Sisowath, toujours dans la capitale cambodgienne, puis intégra le prestigieux lycée Chasseloup-Laubat de Saigon afin d’y préparer un baccalauréat de philosophie. Une partie importante du programme était consacrée à l’histoire et à la culture française. Élève d’un bon niveau mais peu studieux, il excellait dans les matières artistiques, goût qu’il conservera toute sa vie. Son statut royal empêchant les autres Cambodgiens d’avoir trop de contact avec lui, il se lia d’amitié avec plusieurs étudiants français.
    Je suppose donc que Marie a été au lycée Chasseloup-Laubat ?

    Je regrette de ne pas avoir plus parlé de son enfance avec Mimi, car le Vietnam sera probablement le prochain pays d’Asie que nous visiterons et je marcherais sur ses pas avec plaisir.

    J’aurai bien porté un casque orange moi aussi, si mes souvenirs sont bons il était rose à Battambang ! Où nous n’avons vu que des bébés Batman ! 😛

  2. súper !
    Pour l’hotel le Lucky c’est toujours mieux que le restaurant Alien 😉

    Sinon j’ai eu la même chose que Sonny avec les photos pas bien alignées. Il semblerait qu’en jouant avec le zoom dubrowsercela règle le problème.

    En te lisant, j’ai pensé à ta grand mère Mimi qui aurait particulièrement apprécié votre voyage au Cambodge. D’ailleurs sais tu que ta grande tante Marie était au lycée avec Norodom Sihanouk?
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Norodom_Sihanouk
    Votre Mimi racontait que Norodom n’était pas toujours content, car Marie luivolaitla première place coté résultats dans les études. Ce qui ne m’étonne pas, connaissant ma tante.

    Pour finir, j’ai noté que Ronnie a dégoté un casque orange, ils sont partout lesOranje🙂

    Cuídate
    Besos

    PD : et Batman vous l’avez vu ??!!

  3. Oui le scooter est vraiment pratique, moins cher qu’un tuk-tuk, plus rapide qu’un vélo. Et puis quand on roule ça fait clim ! 😀 Nous avons utilisé des Honda au Cambodge, bon scooter quoi que nous n’ayons pas essayé de traverser des rivières avec ! ! 😛

    Nous n’avons pas vraiment la même météo dans le sud de la France. 😉 Quoi qu’il faisait fort bon au Cambodge à cette période de l’année, le soleil tape bien. D’autres balades à venir bientôt… !

    Oui géographiquement les pays sont quelque peu semblables. Après la Malaisie, la Thaïlande et le Cambodge, je pense que le prochain sur la liste sera aussi le Vietnam. 😉

  4. Ton film me fait penser à la Thaïlande, le Laos et la Birmanie. J’ai hâte de visiter le Vietman! 😉
  5. Lecture au réveil le dimanche matin. Super balade. J’adore les piments qui sèchent tranquillement au soleil. Quand je pense au mal que j’ai à les faire pousser ici 🙂 Paysages sublimes et la musique du trajet en scooterC’est top. Bisous à vous deux.
  6. Gracias !!! Quel dépaysement!même si je ne suis pas fan des chauve-souris hi hi ! Apparemment le scooter est le moyen de locomotion à adopter, Lucile et Marc l’ont fait aux Philippines et il faut qu’il soit résistant car ils ont pris une pluie tropicale et ont poussé l’engin dans une rivière de boue, quand le niveau est redescendu ils ont redémarréBonne continuation et gros bisous!
  7. Nous profitons à fond et nous partagerons bientôt la suite, toujours aussi ravis de voir que cela permet à d’autres de voyager par procuration ! 🙂
  8. Merci de nous emmèner avec vous au travers de ce blog..
    Vos écrits, photos et de plus, la vidéo m’ont permis de passer un bon moment en cette fin de journée. Les tuk tuk, nous les avions utilisé au Rajhastan.. Sensations garanties !!
    Profitez bien, et à bientôt..
    Gros bisous
  9. Les chauves-souris avaient l’air plus sympathiques, ne se souciant pas des touristes. Quant à l’hôtel, à part le côté trop touristique, les chambres sont immenses et nous tenions debout dans la salle de baincontrairement à notre première guesthouse ! 😀

    Duro, dur la vidéo, je n’ai plus mon ancien logiciel mais je tenais à vous faire partager notre balade ! 😉

  10. SALUT LES INTREPIDES ,LE PETIT TOUR EN SCOOTER SUPER SYMPA ET LES CHAUVES SOURIS ME FONT PENSER AUX OISEAUX DE DAPHNE DU MAURIER.BONNE CONTINUATION ET PEUX T ON METTRE UNE ETOILE A VOTRE HOTEL,APRES QQS TRAVAUX?BISES DOMI

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